La famille qui s’agrandit

Par Anouk Dunant Gonzenbach

« Madame, quel bonheur de voir la famille s’agrandir grâce à vous ! »

Je ne suis pas sage-femme ni maman pour la troisième fois. Je suis archiviste. Si je reçois ces mots par courriel, c’est qu’en réponse à une question, j’ai trouvé la trace d’une petite Émilie née en 1885. Une Émilie encore inconnue au bataillon de l’arbre généalogique de cette famille. Une arrière-arrière-grand-tante dénichée sur une page d’un registre d’état civil.

Les archivistes sont des détectives du passé, des Sherlock Holmes des fonds oubliés, des Lisbeth Salander de la toile, des Miss Marple des parchemins et boites. Parmi nos nombreuses compétences (qui ne cessent de s’étendre), nous sommes aussi des généalogistes.

Placement de produit : à Genève, c’est assez simple de pister ses ancêtres. Ça peut être long, certes, mais c’est assez simple. Des répertoires (ou index) façonnés dans les années 20 du vingtième siècle (pour occuper des personnes sans travail) cumulent par ordre alphabétique et par tranche de dix ans les noms de famille. Ensuite, il n’y a plus qu’à passer du répertoire au registre en tant que tel, et le tour est joué.

En plus, tout est numérisé, la famille à portée de clic. Et si cette famille est genevoise depuis longtemps, on peut remonter loin : les baptêmes, les mariages et les décès sont enregistrés depuis 1540 (un coup de Calvin).

Les archives, c’est notre histoire, c’est pas de la poussière, c’est une famille qui s’agrandit, une arrière-grand-tante retrouvée, une trace, une personne sur un papier.

Ballenberg, Musée suisse en plein air. J’ai pensé à cette photo prise en août passé, car la famille qui s’agrandit, c’est aussi la lessive.

12 avril 2026